(Missions Paul-Émile Victor)

 

Au cours de leur traversée du Groenland de 1936, Paul-Emile Victor et ses trois compagnons avaient posé les questions fondamentales de la recherche scientifique dans les régions polaires de sorte que, peu après la fin de la guerre, un ambitieux projet d'expéditions scientifiques au Groenland et en Terre Adélie a pu être soumis au Gouvernement de Paul Ramadier. Ce projet, soutenu par l’Académie des Sciences, approuvé par le Gouvernement, a permis de créer, le 28 février 1947, les « Expéditions polaires françaises – Missions Paul-Emile Victor » (EPF), les crédits nécessaires ayant été votés par l’Assemblée nationale.
Dés 1948, après un an d’intenses préparatifs, les EPF s’engageront sur les routes qui conduiront durablement la recherche scientifique française au Groenland et en Antarctique.

- Au Groenland, de 1948 à 1992, quatorze expéditions – raids et hivernages - seront organisées dont les plus importantes seront les Expéditions glaciologiques internationales (EGIG).
- En Terre Adélie, l’Année géophysique internationale (AGI) de 1957 sera à l’origine de l’installation de la base Dumont d’Urville, observatoire scientifique permanent dont l’activité n’a jamais été interrompue et dont les infrastructures logistiques et scientifiques vont permettre de développer des programmes importants dans les domaines les plus divers et de participer à des raids et de grandes opérations internationales sur le continent.



Au cours des 45 ans d’activité, au nord comme au sud, les EPF, auront prouvé leur compétence et leur expérience (en dépit de leurs ressources relativement modestes) plaçant ainsi la France dans le peloton de tête des nations engagées dans la recherche polaire.



En 1992 les missions confiées aux Expéditions Polaires françaises furent transférées à un nouvel organisme, connu actuellement sous le nom de « Institut polaire Paul-Emile Victor » (IPEV) qui poursuivra les activités des EPF et les développera notamment en installant à l’intérieur du continent antarctique, en partenariat avec l’Italie, la formidable station Concordia et au Spitzberg, les stations Jean Corbel et AWIPEV (en partenariat avec l’Allemagne).
Libérées de toutes missions opérationnelles, les EPF se consacreront alors à la préservation de leur patrimoine. Ainsi les riches archives ont été versées aux Archives nationales, le fonds cinématographique a été confié à la Cinémathèque de Bretagne qui le numérise et le valorise. Enfin, la très importante collection photographique, dont une partie significative a été numérisée, a rejoint celle de l’IPEV.